Ce que l’Office fédéral du logement a publié
Le taux d’intérêt de référence reste fixé à 1,25 %, applicable dès le 2 septembre 2026. Il se calcule à partir du taux d’intérêt moyen pondéré de l’ensemble des créances hypothécaires des banques suisses, établi au jour de référence du 30 juin 2026. Ce taux moyen s’établit à 1,31 %, inchangé par rapport au trimestre précédent.
La conséquence pour les baux est écrite noir sur blanc dans le communiqué : n’ayant pas subi de modification par rapport au trimestre précédent, le taux « ne donne pas droit à de nouvelles prétentions de diminution ou de hausse de loyer ». La prochaine publication trimestrielle est annoncée pour le 1er décembre 2026.
L’arrondi explique cette stabilité. Le taux de référence ne se déplace d’un quart de point que lorsque le taux moyen passe sous 1,13 % ou dépasse 1,37 %. À 1,31 %, la marge est de six centièmes avant une hausse, de dix-huit avant une baisse.
Pourquoi 1,31 % parle à un emprunteur
Le taux moyen des créances hypothécaires n’est pas une statistique décorative. C’est le coût moyen réel du stock hypothécaire suisse, toutes durées et tous produits confondus, mesuré sur les créances effectivement portées par les banques au 30 juin.
Ce repère sert au moment de renégocier son financement. Un propriétaire à qui l’on propose un taux nettement au-dessus de 1,31 % ne fait pas mécaniquement une bonne affaire, même si l’offre paraît basse comparée aux années 2022 et 2023 : il paierait plus cher que la moyenne de ce que porte déjà le marché suisse. C’est un point de comparaison, pas un niveau exigible.
La limite mérite d’être posée. Cette moyenne pondère un stock, pas un prix du jour, et elle agrège des contrats signés à des conditions qui n’existent plus. Aucune ventilation par durée ni par type de produit n’est publiée : impossible d’en déduire ce que vaut aujourd’hui un fixe à dix ans ou une hypothèque SARON.
La confusion qu’il faut éviter
Deux grandeurs portent des noms voisins et ne servent pas au même usage.
Le taux de référence relève du droit du bail. Il commande les adaptations de loyer des baux en cours, évolue par paliers d’un quart de point, et accuse un retard structurel sur le marché puisqu’il mesure un stock. Le taux proposé à un emprunteur relève des conditions du moment : il dépend de la durée, du taux directeur de la Banque nationale suisse pour une hypothèque SARON, et des taux longs pour un taux fixe.
Un locataire qui lit « 1,25 % » apprend que son loyer ne bouge pas ce trimestre. Un acheteur qui lit le même chiffre n’apprend rien sur le prix de son futur financement.
Le droit résiduel des baux restés sur 1,5 %
Le taux est passé de 1,50 % à 1,25 % le 2 septembre 2025, et cette baisse avait ouvert un droit à la diminution. L’Office fédéral du logement rappelle qu’un loyer encore fondé sur un taux de référence de 1,5 % ou plus conserve en principe cette prétention.
La démarche appartient au locataire, par demande écrite au bailleur : une variation d’un quart de point ouvre en principe un droit à une diminution de 2,91 %. Le bailleur peut opposer d’autres facteurs, à commencer par le renchérissement, répercutable à hauteur de 40 %.
Le prochain rendez-vous
La publication du 1er décembre dira si le taux moyen a franchi un seuil, ce qui reste peu probable à six centièmes de la borne haute. Les anticipations relayées par la presse spécialisée, celles d’UBS et de la Banque cantonale de Zurich, ne voient pas de retour à 1,50 % avant fin 2027 pour la première et fin 2028 pour la seconde. Ce sont des projections d’établissements privés, pas des données officielles.
Pour un dossier de financement en cours, la conclusion tient en une phrase : ce trimestre ne change ni le coût d’une nouvelle hypothèque, ni la charge d’un emprunt existant. Il fixe le décor du marché locatif jusqu’en décembre, rien de plus.