Le coût réel : trois postes, un taux théorique
Le coût réel d’une hypothèque additionne trois postes : les intérêts, l’amortissement et l’entretien du bien. Et le premier poste ne se calcule pas au taux que la banque vous proposera, mais à un taux théorique d’environ 5 %, volontairement prudent. C’est ce total, rapporté à vos revenus, qui décide si votre financement passe.
Cette méthode est celle que tous les établissements de la place appliquent, avec des variantes de détail. La dérouler vous-même, avant tout rendez-vous, vous donne deux choses : une réponse honnête sur la faisabilité de votre projet, et les bons chiffres en tête pour lire une offre. Les trois étapes qui suivent reprennent chaque poste, puis un exemple complet met le tout bout à bout.
Étape 1 : les intérêts théoriques, à environ 5 %
Multipliez le montant du prêt par le taux théorique d’environ 5 %, règle usuelle des banques suisses. Le résultat est votre charge d’intérêts annuelle telle que le prêteur la retient, quel que soit le niveau du marché au moment de la demande.
Pourquoi ce taux prudent ? Parce que votre hypothèque vivra vingt ou trente ans, bien plus longtemps que n’importe quel taux signé. La banque veut savoir si votre budget tiendrait après une remontée durable, pas seulement le trimestre prochain. Le taux auquel vous signerez réellement servira au décompte de vos intérêts effectifs ; pour comprendre d’où il vient quand il suit le marché monétaire, le SARON expliqué simplement détaille le mécanisme. Mais pour le test de capacité, ce taux du jour ne compte pas.
Étape 2 : l’amortissement, vers les deux tiers en 15 ans
Deuxième poste : le remboursement obligatoire d’une partie de la dette. La règle usuelle du marché suisse veut que le prêt soit ramené aux deux tiers de la valeur du bien en 15 ans au plus, ou avant l’âge de la retraite si elle arrive plus tôt.
Le calcul est direct : prenez l’écart entre votre prêt et les deux tiers de la valeur du bien, puis étalez-le sur 15 ans. Ce montant annuel s’ajoute aux intérêts dans le test de capacité. Il peut se verser en direct, en réduisant la dette chaque année, ou en indirect via un pilier 3a nanti au profit de la banque, avec un plafond de versement de 7 258 CHF par an en 2026 pour un salarié ; les deux formes comptent de la même façon dans le calcul.
Étape 3 : l’entretien et les charges du bien
Un bien immobilier coûte au-delà du crédit : chauffage, assurances, réparations, provisions pour les rénovations à venir. Les banques ne demandent pas vos factures ; elles appliquent une provision forfaitaire, calculée en pourcentage de la valeur du bien, selon la pratique propre à chaque établissement.
Ce poste est celui que les acheteurs oublient le plus volontiers, parce qu’il ne correspond à aucune mensualité visible au départ. Il est pourtant traité exactement comme les deux autres : une charge annuelle, ajoutée au total, année après année.