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Taux hypothécaires

Prévisions des taux hypothécaires suisses : ce que disent les instituts

Cette page ne prédit rien : elle rassemble, à date, ce que les instituts suisses publient comme prévisions de taux, avec leurs chiffres et leurs divergences. Synthèse arrêtée au 18 août 2026, mise à jour au fil des décisions de la BNS et des baromètres trimestriels.

Par Elio Brunet Publié le 24 août 2026 Lecture : 3 minutes
Économiste consultant des courbes de taux sur deux écrans dans un bureau suisse en fin de journée

L'essentiel en 30 secondes

  • Consensus complet sur la BNS : taux directeur à 0 % jusqu'à fin 2026. Les 35 économistes du sondage Reuters de juin l'attendent inchangé, et la première hausse n'est envisagée que courant 2027.
  • Les taux fixes ont probablement atteint leur plancher : les instituts voient une évolution latérale à légèrement haussière, sans retour aux niveaux d'avant 2022.
  • Les prévisions divergent sur l'ampleur : de quasi-stable (Raiffeisen, MoneyPark) à +0,25 à +0,49 point sur les fixes en 6 à 12 mois (PostFinance).

La réponse courte, arrêtée au 18 août 2026

Le consensus tient en deux lignes. Sur le taux directeur : la Banque nationale suisse le maintient à 0 % depuis juin 2025, les 35 économistes interrogés par Reuters mi-juin l’attendaient tous inchangé, et aucun ne voit de mouvement avant 2027. Sur les taux fixes : le plancher est probablement derrière nous, et les instituts prévoient une évolution latérale à légèrement haussière d’ici fin 2026.

Le prochain rendez-vous est l’examen trimestriel de la BNS, agendé au 24 septembre, où le statu quo fait là aussi consensus. La vraie variable de ces prochains mois n’est pas à Berne : c’est le marché obligataire, qui fixe le prix des durées longues et qui a remonté cet été.

Ce que prévoient les instituts, un par un

Chaque institut publie ses propres chiffres, avec sa propre prudence. Les voici, datés :

Institut Publication Prévision
UBS 29 juillet SARON à 0,00 % fin 2026, 0,25 % mi-2027 ; swap 10 ans de 0,66 % à 0,73 % fin 2026
PostFinance 18 juin SARON stable 3 à 6 mois ; fixes en hausse graduelle de +0,25 à +0,49 point sur 6 à 12 mois
MoneyPark en continu Taux stables ou en légère hausse d’ici fin 2026, BNS inchangée
Raiffeisen 18 juin SARON stable, potentiel de hausse limité sur les fixes
BCV 24 juin Plancher atteint, nouvelle baisse improbable
Comparis 9 juillet Fixes 10 ans à 1,77 % de référence au 30 juin, marges bancaires toujours élevées

La lecture d’ensemble : personne n’attend de baisse, personne n’attend de flambée. La divergence porte sur l’ampleur de la remontée des fixes, PostFinance en haut de fourchette, Raiffeisen et MoneyPark en bas. Et sur la première hausse de la BNS : courant 2027 pour UBS, pas avant le printemps 2027 pour PostFinance, et seulement 4 économistes sur 35 chez Reuters en prévoient une en 2027.

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Pourquoi les taux ont remonté cet été

Le mouvement de l’été 2026 vient de la géopolitique, pas de la politique monétaire. Le conflit au Moyen-Orient ouvert fin février a fait flamber l’énergie et remonter l’inflation suisse, de 0,1 % en février à 0,6 % en mai, avant un reflux à 0,4 % en juillet. La BNS a relevé sa prévision d’inflation en juin, à 0,6 % pour 2026 et 2027, tout en laissant son taux à zéro.

Sur le marché obligataire, l’effet est net : les rendements de la Confédération à 10 ans ont doublé entre janvier et mai selon la BCV, de 0,3 % à 0,6 %, et la résurgence des tensions en juillet a fait reculer les obligations en francs suisses de plus de 1 % sur le seul mois. C’est ce renchérissement du refinancement long qui pousse les taux fixes, pendant que le SARON, arrimé au taux directeur, ne bouge pas.

Comment lire ces prévisions sans se faire piéger

Trois précautions rendent cette page utilisable. D’abord, comparer ce qui est comparable : un taux vitrine (autour de 2 % sur 10 ans à la BCV début juin) n’est ni un taux de référence (1,77 % chez Comparis fin juin) ni un taux négocié (dès 1,28 % pour les meilleurs dossiers). L’écart entre les trois, c’est la marge de négociation, et elle est actuellement élevée.

Ensuite, une prévision est une photographie datée : celle d’UBS a changé entre mars et juillet, et celle de cette page changera après la décision de la BNS de septembre. Enfin, aucune prévision ne remplace un profil : la répartition entre SARON et taux fixe se décide sur votre tolérance aux variations et votre horizon, les prévisions du moment ne servent qu’à calibrer le point d’entrée. Le niveau du jour, lui, se suit sur la page du SARON actuel.

Vos questions

La BNS peut-elle repasser en taux négatif ?

Aucune prévision vérifiée ne l'anticipe. La BNS maintient son taux à 0 % depuis juin 2025 et sa prévision d'inflation, 0,6 % pour 2026 comme pour 2027, reste dans sa zone de stabilité des prix. En juin, elle s'est dite davantage disposée à intervenir sur le marché des changes contre un franc trop fort, l'outil qu'elle privilégie avant de toucher au taux.

Pourquoi les taux fixes montent-ils alors que la BNS ne bouge pas ?

Parce qu'ils ne dépendent pas du taux directeur mais du marché des capitaux, où les banques refinancent les durées longues. Quand les rendements obligataires remontent, comme en juillet sous l'effet des tensions au Moyen-Orient, les taux fixes suivent, décision de la BNS ou pas. Le SARON, lui, colle au taux directeur.

Faut-il se dépêcher de fixer son taux ?

La question ne se tranche pas sur une prévision : les instituts eux-mêmes divergent sur l'ampleur de la remontée, et une prévision n'engage personne. Le choix entre fixe et SARON dépend d'abord de votre tolérance aux variations et de votre horizon ; les prévisions du moment ne sont que le troisième critère.

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