credit-hypothecaire.ch

Taux hypothécaires

Taux hypothécaire de référence : ce qu'il change pour votre loyer

Malgré son nom, le taux hypothécaire de référence ne fixe le taux d'aucun prêt. C'est l'indice officiel qui encadre les loyers suisses : voici comment il est calculé, ce qu'il déclenche pour votre bail et pourquoi il ne dit rien de votre financement.

Par Elio Brunet Publié le 28 août 2026 Lecture : 5 minutes
Immeuble résidentiel suisse aux balcons fleuris sous un ciel clair de matinée

L'essentiel en 30 secondes

  • Le taux de référence est l'indice officiel qui sert de base légale aux adaptations de loyer, publié chaque trimestre par la Confédération.
  • Il correspond à la moyenne des taux de l'ensemble des créances hypothécaires suisses, arrondie au quart de point.
  • Il ne fixe pas le taux de votre prêt : celui-ci se négocie avec votre banque, sur d'autres bases.

Le taux de référence règle les loyers, pas votre prêt

Le taux hypothécaire de référence est un indice officiel publié par la Confédération. Son rôle est défini par le droit du bail : il sert de base légale aux adaptations de loyer dans toute la Suisse. Quand l’indice baisse, un locataire peut demander une réduction de son loyer ; quand il monte, le bailleur peut répercuter la hausse.

Le nom entretient une confusion tenace. Ce taux ne correspond au taux d’aucun prêt en particulier : il ne fixe pas ce que vous payez sur votre hypothèque et ne sert pas de barème aux banques. Pour comprendre comment se forme le taux de votre propre financement, le guide des taux hypothécaires en Suisse reprend le mécanisme complet. Cette page traite de l’autre sujet, celui que le terme recouvre en réalité : l’indice qui régit les loyers.

Comment l’indice est fabriqué

Le taux de référence est une moyenne. La statistique repose sur les taux d’intérêt de l’ensemble des créances hypothécaires en francs suisses, relevés chaque trimestre auprès des établissements du pays. La moyenne, pondérée par les volumes, donne un taux brut ; l’office fédéral chargé du logement l’arrondit au quart de point le plus proche et publie le résultat.

L’arrondi explique le comportement de l’indice : il ne bouge pas à chaque publication. Tant que la moyenne brute reste dans le même quart de point, le taux publié reste identique, parfois pendant plusieurs trimestres. Un mouvement de l’indice signale donc que la moyenne du pays a franchi un seuil, pas une simple oscillation du marché.

Ce mode de calcul a une conséquence qui compte pour la suite : parce qu’il moyenne le stock complet des hypothèques en cours, contrats anciens compris, l’indice évolue lentement et avec retard sur le marché.

Ce qu’un mouvement déclenche pour votre bail

C’est ici que l’indice a des effets concrets. Le droit du bail suisse lie le loyer au taux de référence en vigueur au moment où ce loyer a été fixé ou adapté pour la dernière fois. Deux situations en découlent.

L’indice baisse. Si votre loyer a été fixé sur la base d’un taux de référence plus élevé que le taux actuel, vous êtes en droit de demander une baisse de loyer à votre bailleur. La demande n’a rien d’automatique : elle se fait par écrit, et le bailleur peut y opposer d’autres facteurs de calcul prévus par le droit du bail, comme l’évolution des coûts ou le renchérissement.

L’indice monte. Le mécanisme joue dans l’autre sens : le bailleur peut répercuter la hausse sur le loyer, en la notifiant dans les formes prévues, pour la prochaine échéance du bail.

Dans les deux cas, le point de départ du calcul reste le même : le taux retenu lors de la dernière fixation de votre loyer. Si le loyer a été adapté depuis la signature, c’est cette adaptation qui fait foi, pas le niveau de l’indice au moment du bail initial.

Votre financement estimé avant de parler à une banque

Le test applique à votre situation les règles usuelles de financement, fonds propres et tenue des charges, et affiche immédiatement ce qu'elle permet.

Calculer mon financement

Taux de référence, SARON, votre taux : trois objets distincts

La confusion entre ces trois notions est fréquente, y compris dans la presse. Le tableau les remet chacune à leur place.

Taux de référence SARON Votre taux hypothécaire
Qui le fixe L’office fédéral chargé du logement, sur la moyenne des créances du pays Le marché monétaire suisse, calculé chaque jour ouvrable sur des transactions réelles Votre contrat, négocié avec l’établissement prêteur
Ce qu’il mesure Le coût moyen du stock d’hypothèques en cours Le coût de l’argent au jour le jour entre banques Le refinancement du prêteur plus sa marge sur votre dossier
Qui est concerné Les locataires et les bailleurs Les emprunteurs en hypothèque à taux variable Vous seul

Pourquoi il ne dit rien du taux que vous négociez

L’indice moyenne toutes les hypothèques en cours, y compris des taux fixes signés il y a de longues années. Quand le marché monte, les nouveaux contrats plus chers ne pèsent qu’une petite fraction du stock : la moyenne suit le mouvement avec des trimestres de retard. Quand le marché baisse, la même inertie joue dans l’autre sens.

Le taux que vous négociez pour votre financement obéit à d’autres logiques : le coût de refinancement de la banque au moment de la signature, et la marge qu’elle applique à votre dossier. Un indice de marché comme le SARON réagit en quelques jours à une décision de la Banque nationale suisse ; le taux de référence met des trimestres à refléter le même mouvement. S’appuyer sur lui pour anticiper une offre de prêt revient à lire le marché dans un rétroviseur.

Pour chiffrer ce que votre propre financement coûte réellement, intérêts, amortissement et frais annexes compris, la méthode est détaillée dans le calcul du coût réel de votre hypothèque.

Comment agir si vous êtes locataire

La démarche tient en deux vérifications et un courrier.

D’abord, retrouvez le taux de référence appliqué lors de la dernière fixation de votre loyer. Il figure en principe sur la formule officielle remise à la conclusion du bail ou lors de la dernière adaptation ; à défaut, votre bailleur ou votre gérance doit pouvoir vous l’indiquer.

Ensuite, comparez-le au taux de référence en vigueur. Si l’indice a baissé depuis cette fixation, vous disposez d’un motif de demande de baisse.

La demande elle-même se fait par écrit au bailleur, pour la prochaine échéance de résiliation du bail. Le bailleur doit y répondre ; s’il refuse ou reste silencieux, la voie passe par l’autorité de conciliation en matière de bail, dont la procédure est gratuite. Les associations de locataires proposent des lettres types et vérifient le calcul avec vous.

Un dernier repère pour clore la boucle : si vous êtes propriétaire occupant, ce mécanisme ne vous concerne pas. Votre charge dépend du taux de votre contrat, et de lui seul.

Vos questions

À quelle fréquence le taux de référence change-t-il ?

Il est publié chaque trimestre, mais il ne bouge que lorsque la moyenne des taux du pays franchit un quart de point. Il peut donc rester au même niveau pendant plusieurs trimestres d'affilée, puis évoluer d'un cran d'un coup.

Mon loyer baisse-t-il automatiquement quand le taux de référence baisse ?

Non. La baisse se demande par écrit au bailleur, pour la prochaine échéance de résiliation. Votre droit dépend du taux retenu lors de la dernière fixation de votre loyer, selon votre bail, et le bailleur peut opposer d'autres facteurs de calcul prévus par le droit du bail.

Le taux de référence concerne-t-il les propriétaires ?

Pas pour leur propre financement : le taux de leur prêt dépend de leur contrat, pas de l'indice. Un propriétaire qui loue son bien est en revanche concerné comme bailleur, puisque ses locataires peuvent invoquer l'indice selon leur bail et la dernière fixation du loyer.

Et pour votre dossier, ça donne quoi ?

12 questions, votre estimation à la fin, et un bilan offert si vous le souhaitez.

Commencer le test