À Genève, la valeur locative ne sort pas d’un barème au mètre carré : elle est établie à partir d’un questionnaire d’évaluation rempli par le propriétaire, puis adaptée chaque année à l’indice genevois des loyers. Deux correcteurs propres au canton, l’abattement pour durée d’occupation et le taux d’effort, réduisent ensuite le montant imposé.
Le principe de départ reste le même dans toute la Suisse, un loyer théorique ajouté à vos revenus imposables : le guide de la valeur locative en Suisse le décortique. Ici, on s’en tient à la mécanique genevoise.
Le questionnaire d’évaluation, socle du calcul genevois
Tout part d’un formulaire de l’administration fiscale cantonale, le questionnaire de valeur locative. Vous le remplissez lors de l’acquisition ou de la construction du logement, puis à nouveau après des travaux qui modifient le bien : agrandissement, piscine, véranda. Il se retourne avant ou avec la déclaration d’impôt.
Les critères retenus sont objectifs : surface habitable, type d’habitation, aménagement, vétusté, nuisances éventuelles et situation générale du logement. Chaque réponse alimente un calcul qui aboutit à une valeur locative de base. Deux appartements de même surface peuvent donc afficher des montants différents, parce que l’un donne sur une rue bruyante et l’autre sur un parc, ou parce que leurs années de construction diffèrent.
Cette approche par questionnaire est une méthode parmi d’autres : le mode de calcul de la valeur locative selon les cantons, estimation officielle ou comparaison avec les loyers du marché, fait l’objet d’un article dédié. La valeur locative dans le canton de Vaud, voisin direct, obéit ainsi à ses propres règles, utile à connaître si vous détenez des biens des deux côtés de la Versoix.
Indexation, taux d’effort, abattement : ce qui fait bouger le montant
La valeur de base issue du questionnaire ne reste pas figée. Selon l’administration fiscale genevoise, elle suit un indice d’adaptation calculé sur une base 100 en 2007, qui atteint 125,3 pour l’année fiscale 2025, en hausse de 1,7 % sur un an. Le montant actualisé vous est communiqué par courrier avant le 31 mars de chaque année.
Deux correcteurs s’appliquent ensuite, dans cet ordre :
| Étape | Ce qui se passe |
|---|---|
| Questionnaire | La valeur de base est calculée sur les critères du logement |
| Indexation | Le montant suit l’indice genevois des loyers, communiqué avant le 31 mars |
| Taux d’effort | La valeur brute est plafonnée à 20 % des revenus bruts du ménage, sous conditions |
| Abattement d’occupation | Réduction de 4 % par année d’occupation continue, au maximum 40 % |
Le taux d’effort protège les ménages dont le logement pèse lourd par rapport au revenu : d’après la documentation fiscale de l’Administration fédérale des contributions, la valeur locative brute ne peut pas dépasser 20 % des revenus bruts totaux, avec des montants planchers et à condition que les intérêts du financement ne dépassent pas le montant ainsi retenu. L’abattement pour durée d’occupation, lui, récompense la stabilité : 4 % de réduction par année d’occupation continue, plafonné à 40 %, soit le maximum après dix ans dans les murs.