La réforme est votée, l’échéance est posée
L’abolition de la valeur locative est acquise : le peuple l’a acceptée le 28 septembre 2025, avec 57,7 % de oui selon le Département fédéral des finances, et le Conseil fédéral a fixé l’entrée en vigueur au 1er janvier 2029. Les modalités d’application relèvent maintenant des cantons.
Le paquet voté ne se limite pas à retirer un revenu théorique de votre déclaration : il retire aussi ce qui se déduisait en face. À partir de 2029 :
- la valeur locative disparaît pour les logements occupés par leur propriétaire, résidence principale comme résidence secondaire ;
- la déduction des intérêts hypothécaires disparaît pour ces logements ; elle ne subsiste que pour la part de fortune correspondant à des biens loués ;
- la déduction des frais d’entretien est supprimée ; les cantons gardent une marge, limitée dans le temps, pour les travaux d’économie d’énergie ;
- les premiers acquéreurs d’une résidence principale conservent une déduction d’intérêts, plafonnée et limitée dans le temps ;
- les cantons reçoivent la faculté de créer un impôt sur les résidences secondaires à usage personnel, pour compenser leur manque à gagner.
Si le mécanisme actuel, ce loyer théorique ajouté à vos revenus, mérite un rappel, le principe de la valeur locative est repris à part. Ici, on regarde la bascule : qui sort gagnant du nouveau régime, qui y laisse des plumes.
Le bilan profil par profil
La réforme ne fait pas que des gagnants, parce qu’elle retire les deux plateaux de la balance en même temps : le revenu imposé d’un côté, les déductions de l’autre. Tout dépend donc de ce que chaque profil mettait dans chaque plateau.
| Profil | Aujourd’hui | À partir de 2029 | Tendance |
|---|---|---|---|
| Bien amorti, peu de dette | Valeur locative pleine, presque rien à déduire | Plus de revenu théorique | Gagnant net |
| Fortement endetté | Gros intérêts déductibles face à la valeur locative | Les deux tombent ensemble | Selon le rapport entre les deux |
| Premier acquéreur | Intérêts déductibles comme pour tout propriétaire | Déduction maintenue, mais plafonnée et temporaire | Transition amortie |
| Rénovateur | Entretien déductible chaque année | Déduction supprimée, marge cantonale sur l’énergie | Perdant sur les travaux |
| Résidence secondaire | Valeur locative due dans le canton du bien | Suppression, mais impôt cantonal spécial possible | Dépend du canton |
Le gagnant type est le propriétaire qui a beaucoup amorti : il paie aujourd’hui la valeur locative presque en plein, faute d’intérêts à déduire, et ne perd à peu près rien dans l’échange. À l’inverse, le ménage fortement endetté voyait sa valeur locative largement compensée par la déduction des intérêts : pour lui, la suppression des deux peut se solder par un statu quo, voire par une hausse selon les années et les taux.
Le rénovateur est le perdant le plus net : les frais d’entretien ne viendront plus alléger l’impôt, et seule la marge cantonale sur les travaux d’économie d’énergie subsistera, pour une durée limitée. Quant aux résidences secondaires, la valeur locative y disparaît aussi, mais l’impôt cantonal appelé à la remplacer reste à écrire dans chaque législation. Pour voir de quel côté votre propre situation bascule, le bilan d’imposition du propriétaire pose les questions dans l’ordre.