Trois cantons, trois façons de fixer le même loyer théorique
Le Valais part des loyers du marché et en retient 60 %, Fribourg fait remplir un questionnaire qui convertit le logement en unités de chambre, Neuchâtel applique un pourcentage dégressif à l’estimation cadastrale du bien. Le principe fédéral est identique partout : un loyer théorique s’ajoute à vos revenus imposables parce que vous occupez votre propre logement.
Ces trois cantons illustrent chacun une famille différente parmi les méthodes de calcul cantonales : comparaison avec le marché locatif, questionnaire sur les caractéristiques du bien, pourcentage d’une valeur officielle. Voici comment chaque fisc procède, et où retrouver votre montant.
En Valais, 60 % du loyer du marché
La loi fiscale valaisanne impose le rendement de la fortune immobilière, dont la valeur locative des immeubles que le propriétaire se réserve, et précise que ces valeurs doivent être calculées de manière raisonnable sur la base du marché des locations. Le canton a traduit cette règle en un chiffre : la valeur locative brute correspond à 60 % du loyer de marché, selon le Service cantonal des contributions.
Le même service publie un exemple : un logement dont la location coûterait 11 400 francs par an reçoit une valeur locative brute de 6 840 francs. Après la déduction forfaitaire d’entretien de 20 % applicable aux immeubles de plus de dix ans, 5 472 francs s’ajoutent au revenu imposable. Le montant retenu pour votre bien figure sur votre décision de taxation, au chapitre des rendements immobiliers.
À Fribourg, un questionnaire convertit le logement en unités de chambre
Le fisc fribourgeois travaille sur la base d’un questionnaire d’estimation des valeurs locatives et fiscales des immeubles non agricoles, rempli par le propriétaire. La surface habitable y est relevée pièce par pièce, puis convertie en unités de chambre ; les annexes comptent pour des fractions forfaitaires. Deux séries de points corrigent ensuite le résultat : la qualité de l’aménagement, de très simple à luxueux, et la situation du bien à l’intérieur de la commune.
Le total des unités de chambre est multiplié par une norme de base, puis réduit selon le type de construction : rien pour une villa individuelle, jusqu’à 14 % pour un immeuble de plus de trois logements. Un quotient communal, propre à chaque commune, ajuste enfin le montant avant son annualisation. Le canton de Vaud procède lui aussi par questionnaire ; la valeur locative vaudoise suit toutefois ses propres critères et son propre rythme de révision.