Ce que montre le relevé de septembre
Le courtier hypothécaire MoneyPark publie chaque trimestre une moyenne des taux indicatifs d’une centaine de banques, assurances et caisses de pension. L’édition de septembre, arrêtée au 18 septembre et publiée le 21, montre des taux fixes en hausse sur toutes les durées.
Le fixe à dix ans, la durée la plus demandée, passe de 1,98 % à la mi-juin à 2,06 %. Les durées plus courtes bougent davantage : le fixe à cinq ans gagne 14 points de base à 1,83 %, le fixe à deux ans autant, à 1,59 %. L’hypothèque SARON à trois mois reste stable à 1,04 %.
L’étude parle d’un mouvement latéral « en vagues » depuis juin, dans une bande étroite. Mais les dernières hausses montrent, selon ses auteurs, que la Suisse n’est pas complètement à l’abri de ce qui se passe sur les marchés étrangers.
La Suisse à contre-courant, pour l’instant
Le relevé met les chiffres suisses en regard de trois autres marchés. Depuis la mi-2021, le taux hypothécaire suisse à dix ans a gagné environ 70 points de base. Sur la même période, le taux allemand à cinq ou dix ans a pris 269 points, le taux britannique à dix ans 261 points et le taux américain à quinze ans 364 points.
Depuis le début de l’année 2026, l’écart se creuse encore : +2 points en Suisse contre +68 au Royaume-Uni et +43 aux États-Unis. MoneyPark attribue cette résistance au franc fort et à une inflation modérée, qui laissent peu de raisons à la Banque nationale de relever son taux directeur. La BNS l’a d’ailleurs laissé à 0 % le 24 septembre.
Les prêteurs attendent une hausse sur les durées longues
Le relevé s’accompagne d’un sondage mené du 1er au 8 septembre auprès d’une cinquantaine de prêteurs. Sur les durées courtes, la stabilité domine : 79 % d’entre eux ne voient pas bouger le taux à deux ans d’ici six mois.
Sur les durées longues, le ton change. 57,5 % des prêteurs sondés attendent une hausse des taux à dix ans dans les trois prochains mois, et 64,5 % dans les six prochains. Seuls 7 % envisagent une baisse. MoneyPark en tire une prévision : un fixe à dix ans autour de 2,15 % en fin d’année, puis 2,30 % au premier trimestre 2027.
Les raisons avancées sont internationales : endettement public en hausse, investissements massifs dans les infrastructures et l’intelligence artificielle, pression inflationniste persistante à l’étranger. Le courtier parle d’une « nouvelle normalité » des taux : nettement sous le niveau international, mais durablement au-dessus des planchers d’avant 2022.
Ce que ça change pour un emprunteur
Pour un contrat SARON en cours, rien à court terme. Pour un taux fixe à dix ans à signer ou à renouveler, le signal est plus net : la majorité des prêteurs voit le prix monter, pas baisser. MoneyPark recommande de ne pas bâtir une décision de financement sur l’espoir d’un retour aux taux d’avant 2022.
Le même relevé rappelle un point souvent sous-estimé. Entre le taux moyen de 2,06 % et le meilleur taux négocié à dix ans, à partir de 1,60 %, l’écart atteint 0,46 point par an. Sur une hypothèque de 750 000 francs, cela représente jusqu’à 34 500 francs sur dix ans, selon le calcul du courtier.
L’étude note enfin que les prêteurs restent sélectifs. Elle conseille de prévoir plus de temps pour un nouveau financement comme pour une renégociation à l’échéance, afin de pouvoir comparer les offres avant de choisir entre fixe et SARON.