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Marché locatif

Les loyers viennent de baisser dans 15 cantons. Acheter reste-t-il gagnant ?

L'indice des loyers publié le 13 août montre un recul mensuel des loyers proposés dans plus de la moitié des cantons. Sur douze mois, ces mêmes loyers restent en hausse de 2,4 %. Voici ce que le chiffre dit, et surtout ce qu'il ne dit pas.

Lecture : 3 minutes 3 sources citées Chiffres arrêtés au 13 août 2026
Immeubles d'habitation d'un quartier résidentiel suisse le long d'une allée piétonne, en fin de journée

Ce qu'il faut retenir

  • Les loyers proposés reculent dans 15 cantons en juillet : jusqu'à 4,0 % à Nidwald, 1,9 % à Schwyz, 1,5 % à Genève et à Uri.
  • Sur douze mois, ils restent en hausse de 2,4 % dans toute la Suisse. L'indice se maintient à 134 points.
  • L'indice mesure les loyers proposés à la relocation, pas les baux en cours : votre loyer actuel n'est pas concerné par ce mouvement.

Ce que mesure vraiment cet indice

L’indice des loyers publié le 13 août est établi par la plateforme immobilière Homegate avec la Banque cantonale de Zurich. Il suit la variation mensuelle, corrigée de la qualité des objets, des loyers demandés pour les appartements neufs et remis en location, à partir des annonces réellement publiées sur le marché suisse.

Deux précisions changent la lecture du chiffre. D’abord, il porte sur des loyers demandés, pas sur des baux signés : c’est une mesure de l’offre, en avance sur les transactions réelles. Ensuite, il ne dit rien des loyers en cours, qui dépendent du taux hypothécaire de référence publié par la Confédération et non des annonces du marché.

C’est la confusion la plus fréquente sur ce type de relevé : un locataire installé depuis cinq ans ne verra jamais son loyer bouger parce que les annonces de son canton ont reculé de 1,5 % au mois de juillet.

Une baisse mensuelle, une hausse annuelle

Le recul de juillet est net dans quinze cantons. Nidwald affiche la plus forte baisse, à 4,0 %, devant Schwyz à 1,9 %, puis Genève et Uri à 1,5 % chacun. L’indice national, lui, se maintient à 134 points.

Sur douze mois, le tableau s’inverse : les loyers proposés restent supérieurs de 2,4 % à ceux de juillet 2025 dans toute la Suisse. Autrement dit, le mois corrige une trajectoire, il ne l’inverse pas.

La saisonnalité y contribue. Juillet est un mois creux pour les mises en location, et le stock d’objets restants n’est pas représentatif de l’ensemble du parc. Un seul relevé estival ne suffit donc pas à conclure à un retournement du marché locatif.

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Ce que ça change pour un projet d’achat

La comparaison entre louer et acheter se joue sur trois grandeurs : le loyer que vous payez aujourd’hui, la charge que représenterait un financement, et les fonds propres que l’achat immobiliserait. Un mois de baisse des loyers proposés ne déplace que la première, et uniquement pour qui s’apprête à déménager.

Pour un ménage locataire de longue date, le chiffre du mois ne change rien : son loyer suit un tout autre mécanisme. Pour un ménage sur le point de changer de logement, en revanche, une baisse locale modifie le point de comparaison, et donc le seuil à partir duquel l’achat devient l’option la moins chère sur la durée.

Reste que ce seuil ne se calcule pas sur le loyer seul. La banque, elle, regarde d’abord si le dossier tient : le calcul de la capacité financière applique un taux théorique d’environ 5 % et un plafond de charges rapporté au revenu, deux règles qui ne bougent ni avec les loyers du mois ni avec les taux du moment.

Ce qu’il faut surveiller ensuite

Trois relevés valent mieux qu’un. Si le repli se confirme en août et en septembre, hors saison creuse, alors le marché locatif se détend réellement et l’arbitrage entre louer et acheter se déplace. Si l’indice repart, juillet n’aura été qu’un trou d’air estival.

Le second point de contrôle est le taux de référence hypothécaire, publié trimestriellement par la Confédération : c’est lui, et lui seul, qui donne aux locataires en place un droit à la baisse. Les deux indicateurs racontent le même marché, mais ils ne s’adressent pas aux mêmes personnes.

Vos questions

Mon loyer actuel va-t-il baisser ?

Pas du fait de cet indice. Un loyer en cours ne se réduit qu'à la baisse du taux hypothécaire de référence, publié séparément par la Confédération, et sur demande écrite du locataire. L'indice des loyers proposés porte uniquement sur les annonces du marché, donc sur les logements remis en location.

Faut-il attendre pour acheter ?

Un mois d'indice ne fait pas une tendance, et celui-ci porte sur le marché locatif, pas sur les prix d'achat. La question qui décide reste celle de votre capacité financière et des fonds propres disponibles, deux grandeurs qui ne bougent pas avec le relevé du mois.

Pourquoi une baisse mensuelle et une hausse annuelle en même temps ?

Les deux mesures ne portent pas sur la même période. Le recul de juillet se compare à juin 2026, la hausse de 2,4 % se compare à juillet 2025. Une trajectoire annuelle ascendante peut parfaitement comporter des mois de repli, en particulier au creux de l'été.

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