Ce que l’OFS a publié le 3 septembre
L’indice suisse des prix à la consommation a progressé de 0,4 % en août pour s’établir à 101,5 points, sur une base décembre 2025 égale à 100. Sur douze mois, la hausse atteint 0,8 %, après 0,4 % en juillet.
Le chiffre a surpris. Le consensus des économistes interrogés par AWP tablait sur 0,5 à 0,6 % en rythme annuel, et le mois de juillet avait vu l’indice reculer de 0,1 % sur un mois.
L’Office fédéral de la statistique attribue la hausse aux loyers du logement, à l’essence, au diesel, au mazout et aux services hospitaliers stationnaires. À l’inverse, les voyages à forfait internationaux, la location de voitures et l’hébergement paraphotelier ont tiré l’indice vers le bas. Le communiqué ne chiffre pas la contribution des loyers isolément.
Ce que fait la Banque nationale, et ce qu’elle ne fait pas
Le taux directeur suisse est à 0,0 % et l’est depuis plus d’un an. Le prochain examen de politique monétaire est fixé au 24 septembre 2026, et aucun des économistes cités par la RTS n’anticipe de hausse : le chef économiste d’UBS juge l’inflation trop faible pour justifier un resserrement, tandis que Raiffeisen évoque une pression sur les prix modérée et un franc stable.
La comparaison internationale rappelle l’écart de régime. Au 8 septembre, la Réserve fédérale américaine se situe entre 3,5 et 3,75 % et la Banque centrale européenne à 2,25 %. En juillet, l’inflation atteignait 2,9 % en moyenne en Europe et 3,4 % aux États-Unis, contre 0,4 % en Suisse le même mois.
Pourquoi le fixe long se tend quand même
C’est le point qui compte pour un dossier de financement, et il est contre-intuitif. Le taux directeur commande le SARON, donc les hypothèques à taux variable. Il ne fabrique pas le prix d’un taux fixe à dix ans, qui se forme sur les taux longs du marché, lesquels intègrent les anticipations d’inflation sur plusieurs années.
Une inflation qui sort au-dessus du consensus déplace ces anticipations, même quand la banque centrale ne bouge pas. Selon Comparis, cité par la RTS le 8 septembre, le taux moyen d’une hypothèque fixe sur dix ans atteint actuellement environ 1,9 %.
Ce chiffre appelle une réserve honnête : il provient d’une seule source relayée, sans date d’arrêté ni montant de prêt de référence. À traiter comme un ordre de grandeur du marché, jamais comme un taux obtenable pour un dossier donné. Le lien entre l’inflation d’août et le prix du fixe long est par ailleurs une mise en perspective, aucune source ne l’écrit noir sur blanc.
Ce que ça change pour une décision de financement
Pour un acheteur, la lecture utile n’est pas « les taux montent ». Un fixe long reste bas en comparaison internationale et au regard des années 2022 et 2023, et la seule donnée disponible sur la période est que les hypothèques ont légèrement renchéri.
Pour un propriétaire dont l’hypothèque arrive à échéance, la même remarque vaut avec une nuance : la question n’est pas de deviner la décision du 24 septembre, mais de savoir quelle durée correspond à votre horizon et à votre tenue des charges. Les prévisions de taux se trompent régulièrement ; la capacité financière, elle, se calcule.
Les deux dates à surveiller
Le 24 septembre, la Banque nationale rend sa décision de politique monétaire. Elle n’était pas connue au moment d’écrire ces lignes, et aucun chiffre ne peut lui être prêté.
L’OFS publiera ensuite l’indice des prix de septembre. Un deuxième mois au-dessus du consensus donnerait à la tendance d’août une consistance qu’un relevé isolé n’a pas. Un retour vers 0,4 ou 0,5 % en ferait un accident estival, comme le mois de juillet l’avait été en sens inverse.